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Mobiles comme des papillons, les lanternes de papier

Le musée des Arts décoratifs de Bordeaux, soutenu par Farrow&Ball, propose du 31 janvier au 19 mai 2019 une exposition consacrée aux lanternes japonaises. Sorain&Styles a traversé la rue pour aller à la découverte de cet artisanat traditionnel japonais qui, dans la seconde moitié du XXe siècle, a été revisité par les designers du monde entier pour devenir l’immense succès commercial que l’on connaît. Récit d’un mode d’éclairage temporaire et intemporel.

 

 

Les chochins du Japon à Bordeaux

Le musée des Arts décoratifs et du Design développe depuis quelques années une programmation qui a pour ambition de faire découvrir, à un public toujours plus large, un patrimoine culturel de tout horizon avec un véritable souci didactique. Dans cette optique s’inscrit la passionnante exposition intitulée « As movable as butterflies. Les chōchin du Japon ». A travers différents objets et archives, le MADD présente la fabrication et l’évolution des usages des chōchin pour ensuite raconter l’adoption par l’Occident de ces fameux luminaires en papier à la vie éphémère, devenu objet emblématique de la décoration contemporaine.

 

 

Un mode d’éclairage, reflet de l’art japonais

Les deux principales sources de lumière artificielle dans le Japon ancien sont la lampe à huile et la chandelle. Pour protéger la flamme des courants d’air, les lanternes en papier font leur apparition. Il en existe deux catégories : les andon pour l’intérieur et les chōchin pour l’extérieur. Survenue au milieu du XVe siècle, l’andon serait antérieure à la chōchin qui naît, sous la forme que l’on connaît, à la fin du XVIe siècle. Leur différence est que l’andon se pose, la chōchin se trimbale et se plie de façon à être transportable facilement. Leur point commun est d’être constitué d’une armature recouverte de papier, le plus souvent issu de l’écorce de mûrier, appelé washi. Cette qualité de papier est la préférée des fabricants pour sa capacité à diffuser la lumière sur la totalité de la surface et d’accroître l’intensité lumineuse de la flamme. Les progrès réalisés dans la fabrication de papiers à la fois souples et solides permettent de concevoir un objet fonctionnel et résistant, mais aussi un objet facile à décorer sur lequel au fil du temps va figurer le « kamon » insigne héraldique stylisée qui sert à identifier différents corps d’Etat ou grandes familles. Souvent représentée dans les estampes, la chōchin est un emblème japonais.

 

 

 

Chōchin, objet autant décoratif que fonctionnel

Chin signifie la « lampe », Chō se traduit par « portable à la main ». La chōchin, qui abrite la flamme de la pluie et du vent, est une lanterne permettant l’utilisation de la chandelle en extérieur. Différents types de chōchin existent selon l’usage qui en est fait : avec un manche elle se porte à la main ou terminée par un crochet elle peut-être suspendue à un poteau ou une poutre. Sa fabrication a peu évolué au fil des siècles. L’ossature faite de fils de bambous plus ou moins épais, qui soutient l’abat-jour de papier, peut être posé en spirale de façon continue ou par cercles indépendants mis en parallèles. Cette structure lui permet de se plier de haut en bas, pour faciliter la mise en place de la bougie et son allumage. On peut aussi la garder pliée hors d’usage. C’est une petite amélioration que les japonais ont apportée car dans sa version originelle chinoise les fils de bambou sont mis en méridiens et la lanterne ne peut donc pas s’aplatir.

 

 

 

La chōchin traverse les océans

La chōchin occupe une place centrale dans la culture et l’artisanat japonais et fait partie de l’image d’Epinal du Japon véhiculé en Occident. La petite lanterne fait son apparition en Europe au XIXe siècle. Mais il faut attendre la fin du XXe siècle pour que les designers occidentaux s’en emparent afin d’en faire un luminaire bon marché qui va être diffusé en masse par de grandes enseignes d’ameublement. Comment s’est opérée cette révolution ? Au moment où l’électricité relègue la lanterne à des usages festifs ou des rituels, un sculpteur américain d’origine japonaise, Isamu Noguchi, est invité à Hiroshima pour participer à un projet. De retour au pays de ses ancêtres, Noguchi visite la ville de Gifu au nord de Kyoto dont les célèbres ateliers de chōchin périclitent. Le maire de la petite ville possède une entreprise familiale fondée en 1898. Conscient de la notoriété du sculpteur, Ozeki propose à son hôte de donner un nouveau souffle à cette industrie en déclin.

 

 

Akaris, un savoir-faire revisité

Isamu Noguchi va transformer la perception de ce luminaire pour l’adapter aux exigences du monde moderne : il électrifie, redéfinit les contours de la lampe en lui attribuant un fin trépied métallique. Noguchi repense une technique ancestrale pour innover autant que célébrer des siècles de savoir-faire. « As movable as Butterflies », aussi mobiles que des papillons, c’est avec ses mots qu’il décrit la centaine de luminaires qu’il conçoit avec le fabricant Ozeki. Le nom va aussi évoluer pour devenir « Akaris » mot qui signifie lumière et légèreté. Ces sphères en papier rencontrent un immense succès commercial en occident et reste aujourd’hui toujours en vogue se déclinant à l’infini pour notre plus grand plaisir…

 

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sylvie huet

Sylvie
Conseillère couleur
Sorain et Styles
48 rue Bouffard Bordeaux