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Le papier peint en histoires. Episode 1

A la fin du XIII siècle, de retour à Venise après plusieurs années passées en Chine, Marco Polo est le premier à révéler, dans son fameux récit le « Livre des merveilles », l’existence de papiers peints à la main, collés sur des panneaux décoratifs qui habillent les intérieurs chinois. Le début d’une longue saga dont Sorain & Styles Bordeaux se fait l’écho.

 

 

C’est en Chine que tout commence… au III siècle avant l’ère chrétienne l’invention du papier est en marche. Il faudra attendre l’an 105 après J.C. pour que soit codifiée, par un fonctionnaire impérial du nom de Tsaï Lun, la fameuse et mystérieuse recette du papier. Elle est réalisée à base d’écorce de mûrier, de fibres de Bambou, de lin de chanvre, le tout modifié dans une solution de cendres de bois puis battu à la main et enfin séché dans un cadre. Durant huit siècles l’Empire du Milieu protégera jalousement sa formule ne la cédant qu’à son voisin, le Japon.

La formule magique arrive jusqu’en Europe

Mais en 751, à l’occasion de la bataille de Samarkand, les Arabes vont réussir à obtenir des papetiers chinois, faits prisonniers, leur secret. La formule magique va suivre la route de la soie. Elle parviendra en Espagne en 1056 introduite par les Maures. Puis viendra le tour de l’Italie en 1276, suivi de la France en 1348 qui crée sa première fabrique à Troyes et des Allemands en 1390… L’essor de la papeterie sera ensuite lié à celui de l’imprimerie. En parallèle, au début du XVe siècle, apparaissent les premiers « papiers peints », somptueuses feuilles décoratives rapportées de Chine par les missionnaires et explorateurs européens qui empruntent la route de la soie. A la même époque naissent en France les premiers « dominos », qui sont des carrés de papier couverts d’illustrations. Au départ ils permettent de diffuser des images religieuses puis petit à petit deviendront des feuilles de motifs décoratifs répétitifs et seront diffusés par les colporteurs de village en village. Ils ne serviront pas encore à orner les murs des maisons, mais à habiller l’intérieur d’un placard ou d’une malle, à garnir les boîtes, à tapisser des paravents.

 

 

Papier peint de Chine et décoration domino de France

Les dominotiers connaissent un tel succès qu’ils s’organisent au XVIe siècle en confrérie. Ils resteront jusqu’à la disparition de leur activité au milieu du XIX siècle des artisans polyvalents. Dans leurs ateliers se fabriquent des papiers à musique, cartes à jouer, almanachs, images destinées en grande majorité à relier les livres mais aussi pour tapisser le fond des meubles. Il faut attendre le XVIIe siècle mais surtout le XVIIIe siècle pour que les feuilles ornées de motifs géométriques, floraux et en trompe-l’œil rencontrent un retentissement auprès d’une classe aisée naissante. Il est certain que les tissus, les cuirs et les tapisseries sont des produits onéreux et donc réservés aux nobles demeures. Il en va de même pour les précieuses feuilles décoratives rapportées de Chine qui sont destinées aux murs des châteaux. Les dominos vont donc permettre à moindres frais de décorer et d’embellir maisons et boutiques en imitant le bois, les lambris, le marbre… Ils serviront aussi à reproduire des colonnades, corniches et même des statues.

 

 

Témoins de l’air du temps

En 1688, l’imprimeur Jean Papillon, s’approprie la technique des tissus « à l’indienne » pour la transposer en « papier de tenture ». Le qualificatif d’ « indien » désigne tout ce qui arrive du Japon, de Corée, de Chine ou des Indes. Les décors peints par les Orientaux influencent ce nouvel art décoratif. Les échanges entre les créateurs des métiers du textile et ceux du papier peint s’amplifient. La fleur va être pour les siècles à venir, le motif de prédilection, un indémodable. Reproduite au naturel ou stylisée à l’infini, elle entre dans des compositions de bouquets, de guirlandes, de treillages… La noblesse et la bourgeoisie en raffolent. Le XVIIIe marque le début d’une idylle entre murs et papier peint, véritable témoin de l’air du temps. Les modes vont et passent. Ainsi le goût pour l’exotisme et ses chinoiseries fera place au style néo-classique avec son intérêt pour les découvertes archéologiques des fresques romaines. Puis au lendemain de l’expédition de Bonaparte en Egypte, la source d’inspiration sera animée par la reproduction de sphinx, d’éléphants et autres décors copiés qui introduisent un siècle très créateur.

 

 

Sorain & Styles Bordeaux reviendra sur les innovations du XVIIIe siècle qui permettent au papier peint de s’introduire dans les maisons et d’entrer dans les mœurs. Trois chapitres supplémentaires décrypteront les grands courants de création qui vont traverser le XIXe siècle puis le XXe pour nous transporter jusqu’à nos jours avec ses murs d’images facilités par l’arrivée du numérique…

 

 

Retrouvez dans notre showroom déco Bordeaux les éditeurs de papier peint haut de gamme les plus remarquables et rendez-vous le mois prochain sur la toile pour la suite de notre grande saga !

Appelez-nous au 05 56 51 01 65 ou passez nous voir au showroom. Nous en parlerons !

 

sylvie huet

Sylvie
Conseillère couleur
Sorain et Styles
48 rue Bouffard Bordeaux