Mobiles comme des papillons, les lanternes de papier
21 mars 2019
Afficher tout

La grande histoire du papier peint. Episode 3

Au XIXe siècle, la révolution industrielle est en marche. Grandes avancées techniques et bouleversements sociaux se tiennent la main. Une classe moyenne naissante veut recouvrir de papiers peints les murs enduits à la chaux des pièces qu’elle habite, un procédé perçu comme un cache-misère ou comme une manière de renouvellement du décor à moindre coût. Son prix, variant selon le nombre de couleurs et la complexité des motifs, est à la portée des différentes bourses. Parfaitement adaptée aux besoins d’une société en pleine évolution, l’industrie du papier peint se démocratise et connaît un développement sans pareil. Sous le Second Empire, Paris démolit 120 000 logements insalubres pour les remplacer par des appartements haussmanniens qui n’attendent qu’à être décoré… par une grande variété de motifs et coloris.

L’entrée en scène de la machine

Après l’impression à la planche, de gros cylindres en fonte font leur entrée dans les ateliers entrainés par des chevaux avant que le vapeur ne prenne le relais, puis l’arrivée de l’électricité, toutes ces innovations vont accélérer les processus de fabrication des papiers peints et diminuer les coûts de fabrication. Ces avancées techniques permettent non seulement un bond de la production, mais aussi lancent de nouveaux styles : papier gaufré, irisé, satiné, imitant à peu près tous les matériaux comme le cuir, la céramique… L’immense répertoire des styles est la clé de la réussite de ces décors. Les manufactures embauchent des dessinateurs pour renouveler sans cesse leur catalogue.

 

Un nouvel élan pour un genre nouveau

La fabrication du papier peint requiert une grande technicité. Mais les machines employées réclament de gros investissements. Afin de les rentabiliser, les manufacturiers vont produire en masse avec un résultat de qualité et d’esthétique sans mérite. Ce sont le plus souvent de lourds motifs aux couleurs sombres. Cette perte de talent répond au goût bourgeois qui verse dans une certaine austérité. Heureusement, des créateurs vont réagir pour offrir au papier peint un nouvel élan. Les temps modernes sont annoncés avec l’ère de la Belle Epoque qui marque une interaction entre beaux-arts et arts décoratifs. Les expositions universelles à Londres et à Paris sont l’occasion réunir artisans et industriels du monde entier et de présenter aux visiteurs les nouveautés notamment dans le domaine des arts décoratifs.

 

Arts & Crafts et Art Nouveau

L’Anglais William Morris est probablement l’un des plus grands noms de la création du papier peint. Il réagit contre le caractère inhumain de la révolution industrielle et remet au goût du jour un monde médiéval idéalisé et le renouveau du gothique. Déçu par la production standardisée des machines, il cherche son inspiration dans l’artisanat du passé, dans la nature et les motifs floraux. Morris participe à la création du mouvement Arts & Crafts qui va influencer la naissance d’un autre style sur le continent européen : l’Art Nouveau. De prestigieuses signatures vont apporter leur audace pour une explosion de lignes et de couleurs : Horta, Mucha, Klint, Poiret, Mackintosh … D’immenses talents dans un élan de création fugace fauché net par la grande guerre. Avec elle un monde s’effondre et le papier peint reflète ce changement. Le mois prochain Sorain & Styles évoquera les nouveaux horizons liés à l’émergence des esthétiques et techniques naissantes.

 

Illustrations : serveimage.jpeg + serveimage (1).jpeg

Notre showroom de décoration Bordeaux ne peut pas fermer ce chapitre sur le XIXe siècle sans mentionner l’engouement des panoramiques qui est tel qu’elle incite de grands peintres à travailler pour de célèbres manufactures. Alors que le principe du papier peint est de reproduire un motif à l’infini, le panoramique bouleverse la donne en posant au mur une série de dessins uniques qui raconte une histoire…les papiers peints haut de gamme Bordeaux, reviendront sur cet art du panoramique dans un prochain article.

Merci de nous suivre, sur ce blog, mais aussi sur les pages Facebook et Instagram de Sorain & Styles. À très bientôt !

Sylvie Sorain

Sylvie
Conseillère couleur Sorain & Styles
48 rue Bouffard – Bordeaux
05 56 51 01 65